Vivre L’Église #2

« BANNIR »

Dans l’article précédent (si tu n’as pas eu l’occasion de le lire, je t’invite à le faire) je t’expliquais en quoi pour moi vivre l’église correspond avant tout au fait d’APPARTENIR à une et même famille, à savoir, la famille de Dieu. Aujourd’hui, j’ai à coeur de te partager une autre facette de ce qu’est vivre l’église pour moi. Comme tu peux le lire dans le titre, BANNIR, voilà ce dont je souhaite parler dans cet article. 

Mais alors peut-être que tu trouves cela bizarre de parler de « bannir » après avoir abordé quelques semaines auparavant l’importance d’« appartenir » à l’église, à ce seul et même corps, et à quel point il serait bien dommage de s’en priver. 

Néanmoins, afin de vivre pleinement l’église, il me paraît important voire nécessaire de bannir certaines choses de sa vie. Et c’est ce que nous allons voir à présent. Pour cela, j’aimerais te faire part de ce que le Seigneur m’a révélé ces dernières années. 

Tout d’abord laisse moi t’avouer quelque chose : j’ai beau avoir 22 ans, être diplômée Assistante de Service Social et être sur le point de devenir une maman, je n’ai pas pour autant et nécessairement une pleine confiance en moi. Bien au contraire, sache que depuis bien longtemps et aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours manqué d’assurance et j’ai très souvent douté de moi. « C’est parce que tu es encore jeune » certains me diront ou encore « ne te tracasse pas, ça viendra avec le temps », mais il ne me semble pas que le manque de confiance en soi, d’assurance ou encore une mauvaise estime de soi aient forcément un rapport avec l’âge. Je pense que tout un chacun peut y être confronté, peu importe son âge. Selon moi, ce seraient plutôt les casseroles que nous traînons, notre histoire et nos expériences vécues qui en seraient la cause. 

Ce manque de confiance en moi est venu pointer du doigt le fait que j’éprouvais parfois un réel manque de confiance en Dieu, ce qui m’amenait par la suite à le limiter dans sa souveraineté, à douter de lui et à remettre en question son omnipotence. Après tout, si le Dieu de l’impossible vit en moi au travers du Saint-Esprit pourquoi est-ce que je manque d’assurance ? 

Puis j’ai pris conscience que la façon dont je pouvais me voir, l’opinion que je me faisais de moi en me trouvant parfois « trop nulle », « pas à la hauteur », « pas assez ceci » ou « trop comme cela » me poussait à me comparer aux autres. 

Peut-être que toi aussi tu te retrouves dans ce que je partage là ? 

Il est vrai qu’il est très facile de se laisser aller à la comparaison, que les occasions sont quotidiennes et très nombreuses. Et elles sont d’autant plus difficiles à gérer et contrôler avec sagesse, dans un contexte où il est presque devenu normal de se raconter ou de se montrer sous un jour favorable et gratifiant, et cela en tout temps. Mais la comparaison n’est pas un trait de caractère, c’est une faiblesse voire une tendance humaine si je puis dire. Et c’est cette pensée, aussi rapide soit-elle, qui nous amène à pécher. 

Il nous faut l’admettre ; reconnaissons, bien que cela soit douloureux, que le fait de se comparer c’est en quelque sorte comme si l’on disait à Dieu que nous ne sommes pas satisfaits en Lui. 

Lorsque je me compare à un frère ou à une soeur dans l’église, que j’y trouve des raisons de me dévaloriser, de m’apitoyer, je choisis de remettre en question ce que Dieu m’a donné. Si je compare ma situation familiale, professionnelle, ou encore mes dons spirituels avec ceux d’une autre personne, je me vois alors tentée, soit de me dévaloriser, soit de me glorifier. Et dans les deux cas, cela m’entraîne dans le péché. En réagissant ainsi, je dévalorise les dons que Dieu m’a donnés pour sa gloire, et de fait je doute de sa bonté.

Bien souvent, la comparaison se trouve à l’origine même du mécontentement. Ce n’est pas que je manque de quelque chose, ou que les autres ont une meilleure vie que moi – je me suis juste auto-persuadée que les circonstances dont Dieu me fait part ne sont pas les bonnes. Ainsi, non seulement je doute de la bonté de Dieu pour moi, mais je refuse de me réjouir avec ceux qui se réjouissent, et de vivre le contentement auquel Paul fait référence (Philippiens 4. 11-13). 

De plus, si je suis tentée de me comparer, c’est aussi parfois dans le but de me rassurer. Il est bien plus simple de me trouver des excuses, ou de justifier mon manque de discipline, si je trouve des exemples de personnes qui semblent s’en sortir moins bien que moi. On peut alors se conforter dans la pensée que l’on n’est peut-être pas si mauvais et que les efforts et les remises en question devant Dieu ne sont pas si nécessaires que cela au final. 

Finalement, lorsque je regarde aux autres et que je me compare à eux, mes yeux ne sont plus fixés sur Christ, alors que si mon regard est posé sur Lui, je ne vais pas regarder aux autres et être dans la comparaison. Les personnes qui nous entourent pourront toujours nous paraître plus douées, plus attirantes, plus équipées, ou bien moins spirituelles, moins consacrées ou aptes au service mais… Jésus, lui, nous appelle à le suivre et il désire que notre regard soit posé sur lui car après tout, c’est en Lui et Lui seul que se trouve notre identité. De ce fait, afin de vivre l’unité dans l’église, il nous est important de bannir la comparaison. Et enfin, dans cette lutte contre la comparaison, n’oublions pas de nous encourager les uns les autres. Plutôt que d’envier et de me comparer, je suis appelée à remercier Dieu pour le don particulier que mon frère et/ou ma soeur a. Encourageons-nous à développer nos dons que le Seigneur nous a confiés et faisons-les fructifier au travers de l’église notamment ! En faisant le choix de BANNIR ces pensées, rappelons-nous que Jésus nous demande de le suivre. Il est celui que nous devons chercher à glorifier, et en regardant à Lui, nous nous voyons tels que nous sommes – tels qu’Il nous a appelés, différents les uns des autres mais pleinement équipés pour son appel. 

Je conclurais simplement avec une phrase, extraite d’une vidéo chrétienne : « quand tu comprendras la grande valeur que tu as, tes insécurités sen iront car la vraie beauté ne se trouve pas dans tes actions, ta vraie beauté vaut beaucoup plus. Dieu taime et te connaît, et en Le connaissant, tu te verras comme Lui-même te voit ».